• Black Bones

  • jeudi 17 décembre
  • de 20h00 à 23h00
  • psyche pop
  • 10€ en prévente
  • 13€ sur place

BLACK BONES

Nouvel album Ghosts & Voices le 27 mars

BLACK BONES (Reims, FR) : On pourrait vous renvoyer à Mid90s, le film de Jonah Hill dans lequel un jeune kid de la banlieue de Los Angeles trace son chemin initiatique en intégrant une clique de skateurs hirsutes au mitan des années 90. On y entend la face B du Wave of Mutilation de Pixies, une version jouée au ralenti à laquelle on a accolé (UK Surf) pour la distinguer du titre plus rapide et cogneur présent sur l’album Doolittle. Le parallèle peut sembler hasardeux, mais la trajectoire d’Anthonin Ternant, éminence grise du groupe Black Bones, est aussi une affaire de cinoche, de bande et de rock alternatif. 

Vingt ans après le suicide de Kurt Cobain, en avril 2014, les Bewitched Hands mettaient la clef sous la porte. L’été suivant, Anthonin avait déjà formé son nouveau groupe et à la fin de l’année Black Bones claquait son premier concert sur une scène lilloise. En 2017 sortait Kili Kili, un premier album qui, comme le souligne Ternant, ressemble à la direction que son groupe précédent aurait pu prendre. Comme une sorte de compilation avec un pied dans le passé et l’autre dans le futur. Réunie autour d’Anthonin, on retrouve une équipe du crue, constituée en plein milieu du vivier rémois. En plus de l’ex-Bewitched Hands et co-frontwoman Marianne Mérillon, on croise à la batterie Odilon Horman, musicien inspiré, également aux manettes du projet psych-garage Chester Remington. Et, alternant la basse et le clavier selon les morceaux, Ludovic Caqué et Samuel Allain, rencontré alors qu’il faisait le régisseur aux studios Césaré. Kili Kili à peine sortie, Ternant et ses luchadores retournent en studio. Dans le prolongement de l’esthétique mystique, médiévale pop et fluo de Wolf Under the Moon et Angel (projets parallèles de Ternant), la bande file à deux reprises dans un ancien couvent transformé en résidence pour artistes, à quelques encablures de Reims, dans la petite localité de Saint-Erme-Outre-et-Ramecourt.

Certains morceaux mis en boîte par le groupe durant cette période ont été écrits durant l’été 2016, d’autres sont plus récents. Pour retranscrire l’atmosphère sépulcrale du lieu, Anthonin met la main sur une pédale d’effet, la POG, qui, combinée à un space echo et un chorus de guitare flanqué par-dessus, offre au disque un son ample et large. Comme s’il était joué dans une cathédrale. Une sorte fil rouge en forme de mantra psalmodié, pour une technique bricolée dans la plus pure tradition DIY, conférant à Ghosts & Voices cette aura fantasmatique si représentative de Black Bones. Pour se faire une idée plus précise du procédé, on peut se passer l’intro de I’m a Believer, où la combinaison pédale-chorus-clavier fonctionne à merveille. Dead Skies, quant à lui, convoque la mélancolie sur des airs enjoués, marque de fabrique des chansons signées Ternant, quand Creepy Rain et sa guitare ska, se veut sautillante. 

On en revient toujours aux fondamentaux.
facebook
instagram
bandcamp